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Les États de la
Trêve |
1. Sous l'Empire ottoman
En 630 de notre ère, les émissaires de Mahomet arrivèrent dans la région et convertirent la population à l'islam. Les armées islamiques se servirent de l'émirat de Julfar (aujourd'hui le Ras el-Khaïmah) comme avant-poste pour conquérir la Perse (Iran) et l'islamiser.
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Avant la création des Émirats arabes unis (1971), une section du littoral du golfe Persique faisait partie de l'Empire ottoman; une autre faisait partie du sultanat d'Oman. Les émirats du Golfe, comme la plupart des États musulmans, pratiquaient couramment la piraterie et l'esclavage au nom du ''Dar al-Harb'' (littéralement «territoire de guerre»), désignant la relation des musulmans avec les terres non musulmanes dont les habitants refusaient de se convertir à l'islam: le ''Dar al-Kufr'' (litt. le «territoire des infidèles» ou «région de l'incroyance»). Par opposition, on distinguait les territoires appelés ''Dar al-Islam'' (littéralement «territoire de l'islam»), ce qui désignait les régions régies par la Charia). |
Bref, pendant des siècles, la région du Golfe fut constamment en conflit avec les pirates qui parcouraient les mers, tandis que les rivalités entre les émirs locaux avaient comme conséquence de nourrir les conflits de façon perpétuelle. Les Britanniques appelaient cette zone du golfe Persique la «côte des Pirates» (''Pirate Coast''), qui s'entendait du Koweït actuel jusqu'au golfe d'Oman.
Voulant protéger ses routes commerciales vers les Indes britanniques, la Grande-Bretagne livra la guerre aux pirates et prit rapidement le dessus. Pilonnés à coups de canon et voyant leurs navires brûler et couler, les émirats durent se résoudre à demander la protection de la Grande-Bretagne et rejoindre ce que les musulmans appelaient le ''Dar al-'Ahd'' (litt. le «territoire de la trêve», d'où la terminologie anglaise de ''Trucial States'' («États de la Trêve»), une pause dans la guerre contre les infidèles, selon les pactes signés en 1820.
2. Sous l'Empire britannique
Les émirats concernés étaient alors le Bahreïn et le Qatar, puis Abou Dabi, Ajman, Dubaï, Fujaïrah, Ras-el-Khaïmah, Charjah et Oumm-el-Qaïwaïn, c'est-dire neuf émirats. Cet ensemble comprenait parfois des enclaves, c'est-à-dire des parties isolées ou discontinues du territoire d'un émirat, qui pouvaient être entièrement entourée par le territoire d'un autre émirat. Chacun des émirats était gouvernés par un ''cheikhdom'', un chef tribal appelé ''cheikh'' (aujourd'hui un émir ou un roi). Selon le code diplomatique des équivalences de titres, un émir était un «prince»; un shah, un roi (au Maroc, en Jordanie ou en Arabie Saoudite); un sultan, un «empereur»; et un calife, l'équivalent d'un «pape».

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En 1892, un nouveau traité érigea les États de la Trêve en «protectorat», ce qui
les faisait entrer dans l'Empire colonial britannique;
dès lors, les émirats furent tenus à ne
pas entretenir de relations diplomatiques avec d'autres pays que le
Royaume-Uni, sans le consentement de ce dernier. En retour, le Royaume-Uni
garantissait la protection des États de la Trêve contre toute attaque maritime
ou terrestre. De plus, les émirats convenaient de régler les différends
ultérieurs par le biais des autorités britanniques.
Ce protectorat, alliant paix et servitude, devait durer un siècle et demi, jusqu'au début des années 1970. Les Britanniques avaient imposé un traité distinct pour la région voisine d'Oman, appelé ''Oman Trucial''. |
3. L'indépendance
Avec l'ouverture du canal de Suez en 1869, le retrait britannique des opérations de sécurité à l'est de Suez était motivé par la nécessité de l'Empire de se concentrer sur des projets plus vastes, notamment dans les Indes. Lorsque la Grande-Bretagne décida en 1968 qu'elle se retirait de «l'est de Suez», la perspective de l'indépendance sans la protection militaire britannique ne parut pas une issue particulièrement avantageuse pour les micro-émirats du golfe. L'objectif initial de la Grande-Bretagne était de réunir les neuf entités en une seule fédération. Toutefois, les dissensions au sein des émirats mènent à la conclusion qu’une telle union n’était guère envisageable. Au moment de l'expiration de tous les traités de la Trêve, le 1er décembre 1971, seulement six émirats formèrent alors les Émirats arabes unis en décembre de la même année; ils furent rejoints par le Ras el-Khaïmah en 1972.
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En septembre et en août 1971, le Qatar et le Bahreïn avaient proclamé leur indépendance respective. En dépit de leur proximité géographique et culturelle avec les sept émirats, le Bahreïn et le Qatar ont choisi des voies souveraines distinctes, car ces deux émirats avaient eu une longue histoire de rivalité, notamment concernant notamment les îles Hawar (aujourd'hui au Bahreïn), ce qui rendait une union difficile entre eux. Bref, les désaccords sur la structure de la gouvernance, des rivalités territoriales et un sentiment d'autosuffisance économique motivèrent leur retrait du projet d'union. Ce n'est qu'en mars 2001 que la Cour internationale de justice des Nations unies (La Haye) attribua les îles Hawar au Bahreïn. Les colossales découvertes d’hydrocarbures couplées à deux chocs pétroliers ont transformé ces émirats en un centre névralgique de la géopolitique mondiale. |
Émirats arabes unis - Bahreïn - Qatar
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