État de Bahreïn |
Bahreïn(Dawlat al Bahrayn) |
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Le Bahreïn, appelé officiellement l'État de Bahreïn, est un minuscule pays constitué de 33 îles proches de la côte orientale du golfe Persique. Situé entre la presqu'île de Qatar à l'est et la côte d'Arabie à l'ouest, Bahreïn, avec une superficie de 620 km² de terres, est vraiment le plus petit État de la péninsule Arabique. Le pays (Al-Bahrayn) porte le nom de la principale île de l'archipel (562 km²), qui signifie en arabe «les deux mers». Depuis 1986, cette île est reliée par un pont routier de quelque 25 km de longueur à l'Arabie Saoudite (qui a payé entièrement l'ouvrage de 1,2 milliard de dollars). Les autres îles importantes (toutes reliées par un pont à l'île de Bahrayn) sont Muharraq au nord-est, Umm an Na'san à l'ouest, Sitra à l'est, auxquelles il faut ajouter l'île de Hawar au sud près du Qatar. |
La ville d'Al-Manama (ou simplement Manama) est la capitale de l'État, en même temps qu'un centre financier international. Le Bahreïn a été le premier des pays du Golfe et de la péninsule Arabique à exploiter les gisements pétroliers. Le Bahreïn fait partie de la Ligue arabe.
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Conformément aux termes de la nouvelle Constitution promulguée le 14 février 2002, le royaume de Bahreïn est une monarchie constitutionnelle dirigée par la famille Al-Khalifa, dynastie régnante depuis 1783. Le premier ministre est nommé par le roi; le gouvernement n’est pas responsable devant le Parlement. 2 Données démolinguistiques La population de l'archipel, dont une dizaine d'îles sont inhabitées, était estimée, en 2004, à quelque 707 800 habitants appelés des Bahreïnites ou Bahreïnis, en français des Bahreïniens. 2.1 Les groupes ethniques Les populations d'origine sont les Arabes bahreïniens (40,7 %) et les Arabes du Golfe (9,6 %) pour un total de 50,2 %. Le reste est composé de travailleurs immigrés, principalement originaires du sous-continent indien ou d'Extrême-Orient. |
En somme, près du tiers de la population est composée d'étrangers: 12,9 % d'Iraniens, 16,1% d'arabophones immigrants, 4,4 % de Pakistanais (ourdou), 5,6% d'indiens dravidiens, 3,4% de Kurdes, 2% de Philippins, etc. L'agglomération de Manama, la capitale, rassemble plus de 55 % d'étrangers et englobe Muharraq, la seconde ville du pays (plus de 75 000 hab.).
| Ethnie | Langue maternelle | Population | Pourcentage | Filiation linguistique | Religion principale |
| Arabe bahreïnien | arabe bahreinien | 671 000 | 40,7 % | langue sémitique | islam chiite |
| Iranien | persan de l'Ouest (farsi) | 213 000 | 12,9 % | langue indo-iranienne | islam chiite |
| Arabe du Golfe | arabe du Golfe | 158 000 | 9,6 % | langue sémitique | islam sunnite |
| Égyptien | arabe égyptien | 95 000 | 5,7 % | langue sémitique | islam sunnite |
| Pakistanais | ourdou | 74 000 | 4,4 % | langue indo-iranienne | islam sunnite |
| Malayali | malayalam | 59 600 | 3,6 % | langue dravidienne | hindouisme |
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Kurde |
kurde kurmanji | 57 000 | 3,4 % | langue indo-iranienne | islam sunnite |
| Tamoul | tamoul | 41 000 | 2,4 % | langue dravidienne | hindouisme |
| Goujarate | goudjarati | 33 000 | 2,0 % | langue indo-iranienne | hindouisme |
| Philippin | filipino (philippin) | 33 000 | 2,0 % | langue malayo-polynésienne | christianisme |
| Télougou | télougou | 33 000 | 2,0 % | langue dravidienne | hindouisme |
| Indonésien | malais indonésien | 33 000 | 2,0 % | langue malayo-polynésienne | islam sunnite |
| Kerinci | kerinci | 25 000 | 1,5 % | langue malayo-polynésienne | islam sunnite |
| Britannique | anglais | 24 000 | 1,4 % | langue germanique | christianisme |
| Népalais | népalais | 23 000 | 1,3 % | langue indo-iranienne | hindouisme |
| Soudanais arabophone | arabe soudanais | 14 000 | 0,8 % | langue sémitique | islam sunnite |
| Amhara éthiopien | amharique | 10 000 | 0,6 % | langue sémitique | christianisme |
| Américain | anglais | 8 100 | 0,4 % | langue germanique | christianisme |
| Autres | - | 40 000 | 2,4 % | - | - |
| Total | - | 1 644 700 | 100 % | - | - |
L'arabe bahreïnien est la langue vernaculaire des Bahreïniens et des Juifs: c'est la langue la plus importante du pays parlée par 40,7% des locuteurs. Les autres langues arabes sont l'arabe du Golfe (9,6 %), et l'arabe égyptien (5,7 %). D'autres langues indo-iraniennes sont aussi très employées : le farsi (12,9 %), l'ourdou (4,4 %), le kurde (3,4%), le malayalam (3,6%) et le goudjarati (2,0 %). Le pays compte aussi une autre langue indo-iranienne, dont on ignore le nombre des locuteurs: le baloutchi. Notons aussi des langues d'origine austronésienne (pilipino), dravidienne (malayalam, tamoul, télougou). Les Occidentaux comprennent surtout des Britanniques et des Américains, mais il y a aussi des Français, des Canadiens et des Hollandais.
La langue officielle est l'arabe standard moderne, mais l'anglais est parlé par beaucoup de Bahreiniens, car il demeure indispensable à l'université et dans le milieu des affaires. Il existe deux langues véhiculaires à Bahreïn: l'arabe standard moderne pour les arabophones et l'anglais pour les autres communautés. De plus, l'arabe bahreïni reste une langue de travail importante parmi les employés du gouvernement ainsi qu'à la radio. Enfin, le français est la seconde langue étrangère dans les écoles secondaires et est parlé par quelques centaines de Bahreïnis. Voir aussi «Les nombreuses variétés de l'arabe vernaculaire» (carte).
2.2 Les communautés religieuses
L’islam est la religion d’État. La population compte quelque 90 % de musulmans, répartis environ en 70 % de chiites et 30 % de sunnites. Les autres confessions sont essentiellement les églises chrétiennes (catholique et protestante) ainsi que la religion bouddhiste. Le Bahreïn se distingue par sa tolérance relative, accueillant des communautés chrétiennes et hindoues importantes, principalement issues de l'expatriation, qui jouissent d'une liberté de culte.
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Ce sont les sunnites minoritaires qui sont au pouvoir, du fait que la famille régnante Al-Khalifa est sunnite. Celle-ci est adepte d’un sunnisme rigoureux, comme son grand voisin saoudien, et exerce un contrôle vigilant sur la population chiite majoritaire. Depuis le «Printemps arabe» de 2011, la communauté chiite est régulièrement en conflit avec le gouvernement. Elle dénonce des discriminations, notamment en matière d'emploi public et de justice, exacerbées par des tentatives de rééquilibrage démographique par la naturalisation de sunnites étrangers. Les chiites ne peuvent que rarement accéder à la fonction publique, jamais dans l’armée ni dans la police; les volontaires sunnites n’étant pas assez nombreux, le gouvernement préfère recruter des immigrants, notamment pakistanais, pour combler les pénuries. |
En raison de sa religion chiite, l'Iran a longtemps revendiqué la possession de Bahreïn qui semblait lui tendre les bras avec sa population majoritairement chiite. Toutefois, la famille régnante Al-Khalifa n’a jamais eu l'intention de devenir iranienne; elle fut soutenue non seulement par la minorité sunnite, mais aussi par la majorité chiite. Cette dernière, en dépit de sa proximité religieuse avec la puissance perse, n'a nullement souhaité devenir iranienne, manifestant ainsi un nationalisme arabe certain. Aujourd’hui, l’Iran a définitivement cessé de revendiquer Bahreïn. On peut visualiser une carte illustrant la répartition des musulmans sur tous les continents (cliquer ici).
Il semble que les plus traces les plus anciennes de présence humaine dans la région du Golfe remontent à quelque 4000 ans avant notre ère. Plus tard, la péninsule Arabique fut fréquentée par des tribus nomades du désert du Najd, qui y séjournaient durant la belle saison. La région du Golfe devint un centre de commerce florissant. Assyriens, Perses, Babyloniens, Grecs et Sassanides se suc cédèrent sur l’île de Bahreïn. Les découvertes archéologiques témoignent que Bahreïn acquit progressivement le statut de port d’échanges et approvisionnait les cours de ses riches voisins en marchandises alors essentielles (pierres dures et précieuses, cuivre, étain, bois rares) venues de l’Oman ou de l’Indus.
Au
Ve siècle avant notre ère, l’historien grec Hérodote désignait les habitants de la région comme des «Cananéens», connus pour leur maîtrise de la navigation et leur habileté dans le négoce. Ce sont les Grecs qui donnèrent son nom au golfe Persique. Auparavant, les Suméro-Babyloniens l'appelaient soit la mer «Inférieure», soit la mer «Amère», soit encore la mer «du Soleil levant». Vers 325 avant notre ère, l’archipel fut abordé par l’une des expéditions maritimes d’Alexandre le Grand; l’île principale prit le nom grec de «Tylos». Bahreïn connut une exceptionnelle phase de prospérité, caractérisée par le développement d’une culture inspirée par le monde hellénistique. L'île demeura un lieu de rencontre et d’échanges.Au IIe siècle de notre ère, le géographe grec Claude Ptolémée mentionna, dans la région, une ville nommée «Catara» dans La Géographie, ouvrage qu’on peut considérer comme le premier traité de cartographie scientifique. Par la suite, l'occupation romaine marqua le déclin commercial du Golfe au profit de la mer Rouge. Il fallut attendre la domination de la région par l’Empire sassanide (entre les IIIe et VIe siècles pour que la région du Golfe redevienne un lieu d’échanges florissants.
3.1 L'avènement de l'islam
La religion musulmane pénétra au
VIIe siècle (en 629) dans la région, alors sous domination de la dynastie des Arabes de Manadhira. Leur roi, Al Mundhir Ibn Sawi Al Timimi, se convertit à la nouvelle religion. Dès lors, l'île participa à l’expansion de l’Empire arabo-musulman; en même temps, la langue arabe s'implanta définitivement dans la région, même si cette langue était déjà parlée depuis quelques siècles, probablement dès le IIe siècle. Au VIIe siècle, les Arabes envahirent la Perse, brisèrent toute résistance, remplacèrent progressivement le zoroastrisme par l'islam et intégrèrent la Perse dans le califat.![]() |
Durant le règne des Abbassides (750-1250), le Bahreïn connut une grande période de prospérité. Ce fut l'époque des Milles-et-Une-Nuits, l'âge d’or du monde arabo-persan. Ce sont les Arabes qui avaient redécouvert le célèbre traité de Géographie de Ptolémée et qui, les premiers, le réutilisèrent comme l'une des bases de leurs connaissances géographiques. On peut même affirmer que le développement de leurs connaissances en astronomie, doublée de la multiplicité de leurs voyages de commerce et de pèlerinages, leur permit, dès le Moyen Âge, d’acquérir un grand savoir dans le domaine de la géographie et d’avoir, entre autres, une très bonne maîtrise de la mer Rouge, du golfe Persique, de l’océan Indien jusqu’à l’embouchure du Zambèze et de la côte occidentale de l’Inde. |
3.2 Les occupations étrangères
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Les Portugais occupèrent le détroit d'Ormuz, puis Mascate (aujourd'hui la capitale du sultanat d'Oman) et Bahreïn. En 1517, ils prirent le Qatar et imposèrent leur contrôle maritime et commercial dans le Golfe. L'île de Bahreïn joua un rôle important dans le commerce régional lorsque les Portugais s'en servirent comme relais en se rendant aux Indes à partir du XVIe siècle. Les Portugais demeurèrent dans la région de 1521 à 1602, mais ils n'exercèrent pas d'influence linguistique. Aussitôt après le départ des Portugais, l'archipel fut soumis à l'occupation des Perses jusqu'en 1782. Ils installèrent une colonie durable et contribuèrent à donner aux habitants une culture particulière arabo-persane. L'occupation par les Perses explique pourquoi les deux tiers de la population musulmane sont chiites (70 %) et pourquoi l'Iran n'a pas abandonné toute prétention à l'hégémonie dans cette région. En 1783, la famille Al-Khalifa, de confession sunnite, renversa la dynastie chiite (persane) régnante et constitua un émirat arabe indépendant de la puissance perse. Le commerce des perles fit bientôt de Bahreïn l'un des émirats les plus importants de la péninsule Arabique. |
Toutefois, dès le début du XIXe siècle, les Britanniques prirent pied dans l'archipel par un accord commercial. Les prétentions de l'Empire ottoman sur l'émirat et la découverte des richesses pétrolières allaient contribuer à renforcer l'intérêt des Britanniques pour Bahreïn. En 1832, la Standard Oil Company of California, une société américaine qui avait obtenu la première concession pétrolière, fit jaillir d'un puits le premier pétrole de la péninsule Arabique.
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En 1861, un accord entre l'émir et le Royaume-Uni plaçait de fait l'émirat sous la protection de la Couronne britannique. La domination britannique se maintint jusqu'en 1971. Bien que le Royaume-Uni ait qualifié l'émirat d'«État protégé britannique», le gouvernement britannique a, dans des déclarations officielles, décrit l'émirat comme un «État indépendant sous protection britannique» ou comme un «État indépendant dans des relations spéciales de traité avec le gouvernement de Sa Majesté.» Lorsque la Perse émit en 1927 des prétentions à la souveraineté sur Bahreïn, le secrétaire britannique aux Affaires étrangères écrivit ce qui suit au gouvernement de Bahreïn : «Les accords (entre la Grande-Bretagne et Bahreïn depuis 1820) ont tous été conclus en considérant que le cheikh de Bahreïn est un souverain indépendant». |
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Bref, le gouvernement britannique restreignait les relations extérieures de Bahreïn, mais il laissait la souveraineté du pays à l'émir. De fait, la famille al-Khalifa continuait de régner sur Bahreïn. Le cheikh Ahmad (1923-1942), puis le cheikh Salman (1942-1961) entreprirent de moderniser le pays. Le développement de la recherche pétrolière, après la Seconde Guerre mondiale, s'accompagna de la multiplication des litiges frontaliers, opposant Bahreïn à l'Arabie Saoudite, d'une part, et au Qatar, d'autre part. Le différend avec les Saoudiens fut réglé en 1951; celui avec le Qatar, portant sur les îles Hawar, n'aura finalement été résolu qu'en mars 2001 par la Cour internationale de justice des Nations unies (La Haye) en faveur de Bahreïn. |
3.3 L'indépendance
L'indépendance fut proclamée avec l'accord du Royaume-Uni en 1971, après qu'eut échoué le projet de fédération entre les États de la Trêve. Lorsque le Royaume-Uni décida de quitter la région, il poussa Bahreïn à rejoindre les négociations avec ses petits voisins afin d’intégrer les Émirats arabes unis. Toutefois, à l’instar du Qatar, l'émir bahreïnien se retira du projet et proclama l’indépendance du royaume le 15 août 1971, la prédominance d’Abou Dhabi des Émirats faisant peur.
Le pouvoir de la famille régnante, qui contrôle l'ensemble de l'appareil politique et administratif, fut périodiquement contesté par les chiites majoritaires au pays, la contestation étant alimentée en partie par le régime iranien. D'ailleurs, dans les années 1920, invoquant l'influence perse passée, la dynastie des Pahlavi avait déjà revendiqué le Bahreïn. Après la révolution islamique de 1979, l'Iran a relancé ses prétentions sur l'archipel et soutenu, à plusieurs reprises, des tentatives de subversion du régime. En 1991, l'émirat s'étant rangé dans le camp des pays coalisés contre l'Irak, lors de la guerre du Golfe, un accord de défense fut signé avec les États-Unis. La détente dans les relations diplomatiques avec l'Iran et avec le Qatar demeure toujours d'actualité. Le ralentissement de l'activité économique consécutif au conflit et le maintien d'un régime politique autoritaire ont conduit à une importante contestation sociale et politique, à partir de l'été 1994. De nouvelles manifestations en 1995 ont provoqué la démission du gouvernement dirigé par le cheikh Khalifa ibn Salmane al-Khalifa, qui a été reconduit à son poste.
À la mort du cheikh Issa ibn Salman al-Khalifa en mars 1999, son fils Hamad Ben Issa Al-Khalifa lui succéda. Il élabora un projet de Charte nationale afin de conduire le pays vers la démocratie : instauration d’une monarchie constitutionnelle, restauration du Parlement, création d’un conseil consultatif, séparation entre les pouvoirs, affirmation du principe de l’égalité entre l’homme et la femme. La mise en place d’institutions démocratiques a été approuvée par référendum le 15 février 2001 à 98,4 % des suffrages. Au même moment, l’émir décréta une amnistie générale aboutissant à la libération de tous les prisonniers politiques et entraînant l’adhésion de l’opposition chiite à ses propositions de réformes. Il abolit également la loi d’urgence et dissout la Cour de sûreté de l’État en vigueur depuis 1975.
Cette évolution politique fut saluée par le Haut Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies ainsi que par plusieurs organisations non gouvernementales telles qu’Amnistie internationale. La plupart des institutions financières arabes ainsi que de nombreuses banques internationales et filiales de compagnies d’assurances étrangères ont installé des bureaux à Bahreïn. On compte aussi plus de 60 banques extraterritoriales se spécialisant dans les services aux personnes et aux institutions établies dans d’autres pays.
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Depuis son accession au trône (le 6 mars 1999), l'émir Hamad Ben Issa Al-Khalifa multiplia les efforts vers plus de démocratie. Les étapes majeures en furent le référendum sur la Chartre nationale des 14 et 15 février 2001 et l'amendement à la Constitution du 14 février 2002. Le Bahreïn est devenu officiellement ce même jour le «Royaume de Bahreïn» et prévoyait des élections municipales et législatives pour octobre 2002. Les partis politiques sont toujours interdits à Bahreïn, mais l'émir a fait savoir qu’il ne s’opposerait pas à la formation de partis politiques si la prochaine Assemblée nationale en convient. Tous les organismes politiques d’opposition qui fonctionnaient en exil ont mis en place leurs associations politiques et se préparer pour le jour où le gouvernement leur permettra de former des partis politiques. Les lois réglementant l’établissement et les activités des sociétés civiles sont encore en cours de révision par un comité spécial. On s’attend à ce que ces lois donnent une certaine marge de liberté de mouvement aux sociétés civiles et les habilitent à être des partenaires effectifs pour le développement social. |
Ce petit pays du Golfe est entré en révolte dès le mois de février 2011, lors du «Printemps arabe». Les manifestations marquèrent la ligne de division entre les musulmans chiites et sunnites. Après plusieurs mois de protestation, le roi Hamad se résolut à engager des réformes, mais il n'a jamais promis de partir. De toute façon, il peut compter sur le soutien militaire de l'Arabie Saoudite. Et il n'est pas près de faire ses valises.
Cependant, au sein même de la famille royale, les réformistes furent chassés et les plus libéraux, marginalisés. L'Arabie Saoudite s’est empressée de prêter mainforte à la monarchie, également sunnite de Bahreïn, dans le but de marginaliser la minorité chiite. Le «Printemps arabe» n'aura duré qu'un mois à Bahreïn, avant que la révolte ne soit réprimée par le régime, avec l’appui de l'Arabie Saoudite avec comme résultat que la situation est aujourd’hui assurément pire qu'elle ne l'était.
Le président américain Donald Trump remit la Légion du mérite en janvier 2021 à l'émir Hamad ben Issa al-Khalifa «en reconnaissance du solide partenariat» avec les États-Unis et «la décision d'établir des relations diplomatiques complètes avec l’État d'Israël». L’alliance avec les États-Unis s'est révélée très forte puisque le royaume abrite la base navale de la 5e flotte américaine. Bahreïn est donc aujourd’hui solidement ancré dans le camp américain, gage d’une sécurité apparemment garantie. Il n'en demeure pas moins que la situation au Bahreïn en mars 2026 est critique en raison d'un risque élevé d'escalade militaire régionale, à la suite des attaques de missiles et de drones iraniens visant le pays. L'influence américaine au Bahreïn entraîne nécessairement l'apport de la langue anglaise dans ce petit pays.
L'État de Bahreïn a choisi une politique d'arabisation pragmatique: il s'agit de favoriser l'arabe tout en conservant certaines prérogatives à l'anglais. La Constitution du 14 novembre 2002 proclame, dans son article 2, que l'arabe est la langue officielle:
| Article 2
Religion d'État, Charia, langue officielle La religion de l'État est l'islam. La Charia islamique est la source principale de ses lois. La langue officielle est l'arabe. Dignité humaine, égalité Tous sont égaux dans la dignité humaine et les citoyens sont égaux devant la loi en droits et en obligations publics. Il n'y a aucune discrimination sur la base du sexe, de l'origine, de la langue, de la religion ou de la foi. |
Quant à l'article 18, il interdit la discrimination pour des motifs de sexe, de race, de langue ou de religion. Par ailleurs, la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale a force de loi et s'impose à tous les organismes de l'État. Les individus peuvent avoir recours aux tribunaux s'ils s'estiment victimes d'une violation de la Convention. Cependant, Amnesty International, dans son rapport de 1999, faisait état de détention de personnes en raison de leurs opinions; certaines personnes auraient même été forcées de quitter le Bahreïn, avec interdiction d'y revenir.
Des emplois seraient réservés à la famille régnante, alors que d'autres seraient attribués en fonction de l'appartenance ethnique. Dans plusieurs domaines, la minorité chiite serait victime de discriminations; les chiites n'auraient même pas droit à un passeport. Par ailleurs, on souligne que les personnes ne parlant pas l'arabe ne trouvent pas d'emploi. En somme, il y a encore des petits problèmes avec l'article 18 de la Constitution, surtout que le royaume de Bahreïn n'a pas dans sa législation de mesures visant à empêcher la propagande de théories prônant la discrimination raciale et la xénophobie.
Dans un mémorandum, le gouvernement a fait valoir qu’il n’était «pas nécessaire de réglementer l’usage de la langue arabe ni de l’imposer par une loi distincte, car la Constitution bahreïnienne n’exige pas de réglementation légale en la matière». L’article 2 de la Constitution stipule que «la langue officielle est l'arabe». Cet article, figurant dans le premier chapitre de la Constitution, consacré à l’État, indique qu’il s’agit d’un des fondements qui distinguent le royaume des autres et qu’il ne requiert pas, en soi, de législation spéciale ni de réglementation distincte pour en préciser les modalités d’application. En effet, l’arabe est une caractéristique fondamentale de l’identité du peuple bahreïnien et une conviction profondément ancrée dans sa conscience depuis son origine.
De plus, le législateur a déjà affirmé la mise en œuvre de ce texte constitutionnel dans de nombreuses lois et doit l’affirmer et s’y conformer pour tout ce qui y est nouveau, dans les limites officielles qu’il stipule. Le principe constitutionnel relatif à la reconnaissance de l’arabe comme langue officielle du Royaume implique nécessairement la mise en œuvre de ce principe dans les textes législatifs édictés dans les différents domaines, dans la mesure où cela est approprié à chaque domaine et conformément à la réglementation des matières visées par la législation.
4.1 La langue de l'État
L'État de Bahreïn fonctionne avec deux langues arabes, l'une pour l'écrit (l'arabe standard moderne), l'autre pour l'oral (l'arabe vernaculaire bahreïnien). Si l'arabe moderne standard sert de langue écrite pour l'État et les médias, l'arabe bahreïnien sert de langue orale pour le gouvernement, l'administration, l'armée, la police, les affaires, etc. C'est en arabe bahreïnien qu'on gère l'État, mais c'est l'arabe standard moderne qui sert de langue véhiculaire entre les populations arabophones. Avec les non-arabophones, c'est l'anglais qui remplace l'arabe standard.
- Les organismes politiques
L'Assemblée nationale est l'organisme législatif du royaume de Bahreïn; celle-ci est composée du Conseil des représentants, la chambre basse (40 membres élus), et du Conseil consultatif, la chambre haute (40 membres nommés). La plupart des interventions orales se font en arabe bahreïnien, rarement en arabe standard moderne, mais les lois et règlements sont toujours rédigés dans cette variété d'arabe et généralement en anglais.
Le Bahreïn est une monarchie dirigée par la dynastie Al-Khalifa; le régime maintient un contrôle strict sur l’opposition et les mouvements politiques, en particulier les chiites. À Bahreïn, la loi interdit officiellement la formation de partis politiques, mais des «associations politiques» (environ une vingtaine) jouent le rôle de partis dans la pratique, couvrant un large spectre idéologique allant de la gauche communiste à la droite islamiste. Ces associations sont enregistrées auprès du ministère de la Justice depuis la loi de juillet 2005, ce qui leur permet d’exister légalement sans que leur statut de parti politique soit reconnu. Les partis politiques sont illégaux à Bahreïn, mais fonctionnent de facto sous forme d'associations politiques enregistrées. Les associations politiques permettent une certaine expression politique, mais le pluralisme reste limité et le gouvernement conserve une position dominante dans la vie politique nationale.
L'article 4 de la Loi n° 26 sur les associations politiques (2005) interdit la discrimination notamment pour des motifs de langue:
| Article 4 Les conditions suivantes doivent être remplies pour la création ou le maintien de toute association politique :
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Ces associations participent aux élections législatives et locales, mais leur influence demeure limitée par le cadre autoritaire du régime. Certaines associations, comme le Wifâq, représentent l’opposition chiite et maintiennent une orientation conservatrice islamiste, bien que leur référence à l’islam politique se soit atténuée au fil du temps. En résumé, les partis politiques ne sont pas autorisés légalement, mais les associations politiques enregistrées remplissent une fonction similaire, tout en restant sous le contrôle étroit de l'État et dans un cadre autoritaire.
- Les décrets-lois
À Bahreïn, les décrets-lois (ou décrets législatifs) sont des textes promulgués par l'émir, souvent pour contourner ou légiférer en l'absence du Parlement. Ils encadrent des domaines clés comme la citoyenneté, la sécurité, l'économie (compagnies commerciales) et la presse, régis par des textes comme le Décret-loi n° 47 sur la réglementation de la presse, à l'émir 'imprimerie et de l'édition. Évidemment, ces décrets permettent à l'émir Hamad de légiférer rapidement, notamment pour réprimer des mouvements sociaux ou réformer des structures économiques (p. ex: Décret-loi n° 21 promulguant la Loi sur les compagnies commerciales). Bref, l'Assemblée nationale adopte des lois, mais l'émir peut signer des décrets-lois à tout moment. Ces décrets-lois façonnent l'essentiel du paysage juridique, en équilibre entre la modernisation économique et un contrôle politique strict.
- Les tribunaux
Le système judiciaire de Bahreïn est composé de trois autorités principales : les tribunaux civils, les tribunaux de la Charia et les tribunaux pénaux. Les tribunaux civils traitent des litiges commerciaux, civils et administratifs, ainsi que des questions concernant le statut personnel des non-musulmans. Les tribunaux de la Charia appliquent la loi islamique et gèrent les affaires concernant le statut personnel des musulmans. Quant aux tribunaux pénaux, ils sontspécialisés dans les affaires criminelles. De plus, le système judiciaire est dirigé par le Conseil supérieur de la magistrature, qui nomme les juges et assure le renouvellement de leur mandat.
Les langues des tribunaux sont l'arabe, plus précisément l'arabe bahreïnien (à l'oral) et l'arabe standard moderne (à l'écrit), ainsi que l'anglais (à l'oral comme à l'écrit). L'article 13 du Décret-loi n° 22 sur la médiation en matière de règlement des différends (2019) énonce que l'arabe est la langue des accords et des conventions, mais autorise une autre langue à la condition qu'une traduction arabe soit fournie:
| Article 13 1) Une ordonnance d'exécution d'une convention de règlement amiable issue d'une médiation internationale peut être délivrée sur requête présentée au greffe de la Haute Cour, après acquittement des frais prescrits et être accompagnée de l'original de la convention ou d'une copie de celle-ci. Si la convention est rédigée dans une autre langue que l'arabe, une traduction arabe doit être fournie. Le greffier établit un procès-verbal de cette requête, dont une copie est signifiée à la partie contre laquelle l'exécution de la convention est demandée. 2) La convention de règlement amiable est exécutoire par une ordonnance rendue par le président de la Haute Cour, après examen de la convention et vérification de l'absence d'obstacles à son exécution. |
La Chambre de commerce et d'Industrie de Bahreïn (BCCI) soutient le secteur privé et le développement économique, tandis que la Chambre de Bahreïn pour le règlement des différends (BCDR) est une institution régionale pour trancher les litiges commerciaux et d'investissement international et régional; elle offre des services d'arbitrage et de médiation, se positionnant comme un centre de règlement des différends au Moyen-Orient. Le Décret-loi n° 30 sur la Chambre de Bahreïn pour le règlement des différends économiques, financiers et d'investissement (2009) précise que l'arabe doit être la langue de la procédure, mais que l'Autorité du règlement des différends détermine la ou les langues à employer dans la procédure, ce qui signifie l'anglais ou l'arabe:
| Article 12 1) Si les parties ne s'entendent pas sur la ou les langues à employer dans la procédure de règlement des différends, et si le différend a été porté devant la Chambre conformément aux dispositions du présent chapitre, l'arabe doit être la langue de la procédure. 2) Le règlement doit préciser les dispositions concernant la traduction des documents et pièces dans la ou les langues à employer dans la procédure de règlement des différends. Article 22 1) Si les parties ne s'entendent pas sur la ou les langues à employer dans la procédure de règlement des différends, et si le différend a été porté devant la Chambre conformément aux dispositions du présent chapitre, l'Autorité du règlement des différends détermine la ou les langues à employer dans la procédure. 2) Le règlement de procédure précise les dispositions concernant la traduction des documents et pièces dans la ou les langues à employer dans la procédure de règlement des différends. |
De plus, l'anglais est la langue applicable devant la Chambre de règlement des litiges de Bahreïn, comme le précise la Résolution n° 28 sur la détermination de la langue applicable devant les tribunaux et la Chambre de règlement des litiges de Bahreïn dans les affaires autres que l'arabe, et modalités et champ d'application (2023):
| Article 1 L'anglais est la langue applicable devant la Chambre de règlement des litiges de Bahreïn dans les affaires relevant de sa compétence, si la langue du contrat litigieux est l'anglais, dans les cas suivants :
L'accord des parties sur l'usage de l'anglais dans le contrat, dans les cas susmentionnés, doit servir de base à l'emploi de l'anglais dans la procédure. Si un contrat est rédigé dans plusieurs langues, dont l'anglais, celui-ci ne sera pas considéré comme langue de la procédure, sauf si le contrat stipule expressément que l'anglais fera foi en cas de divergence entre les textes. L'anglais doit être la langue employée devant les tribunaux si la langue de l'arbitrage est l'anglais, dans les cas suivants : lors d'une demande de désignation ou de récusation d'un arbitre si la valeur du contrat excède 500 000 dinars ; lors d'une demande de mesures conservatoires auprès du tribunal si la valeur du litige excède 500 000 dinars ; ou lors d'une demande d'exécution d'une sentence arbitrale ou d'une décision d'annulation de celle-ci si la valeur de la sentence excède 500 000 dinars. |
Dans les tribunaux, l'arabe standard moderne est la langue officielle, mais les accusés, les témoins et les avocats peuvent s'exprimer en arabe bahreïnien ou en anglais lorsque le procès concerne les étrangers. Dans les municipalités, c'est toujours l'arabe local avec, selon les besoins, le recours aux services d'un interprète. Ces modalités s'appliquent généralement aux tribunaux civils, qui s'occupent des affaires civiles et pénales.
Cependant, dans les tribunaux de la Charia, seul l'arabe local est utilisé; ces tribunaux, qui appartiennent à la branche sunnite ou à la branche jaafarite, traitent des affaires de divorce, de mariage, de successions et de la garde des enfants. En somme, le Bahreïn fonctionne comme un pays bilingue en ce qui concerne la justice, avec l'arabe et l'anglais.
- Les citoyens
C'est la population originaire du Bahreïn qui contrôle les affaires du gouvernement, de la police, de l'armée, etc. C'est pourquoi l'arabe bahreïnien, une langue essentiellement orale, est employé partout. La plupart des fonctionnaires parlent donc l'arabe bahreïnien, mais aussi l'arabe standard lorsque les circonstances l'exigent, parfois l'anglais dans certains bureaux administratifs de la capitale. C'est en arabe bahreïnien qu'on discute des lois rédigées en arabe standard, c'est en arabe bahreïnien qu'on commente les règlements administratifs offerts en arabe standard moderne.
À Bahreïn, l'arabe est la langue officielle utilisée par les citoyens dans leurs interactions avec le gouvernement, l'administration et la police, l'arabe standard moderne servant à l'écrit et l'arabe bahreïnien à l'oral. L'anglais est également très répandu dans le monde des affaires et les services gouvernementaux, notamment dans les zones urbaines. Le persan et l'ourdou sont parfois présents, mais l'arabe reste la langue de référence pour la grande majorité des citoyens. Il n'existe pas de législation concernant la langue des citoyens. Même la Loi n° 35 sur la protection des consommateurs (2012) ne mentionne pas les droits linguistiques des citoyens:
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Article 22 |
La Loi sur la citoyenneté bahreïnienne (1963) comprend 12 articles, qui précisent les cas d’octroi de la nationalité bahreïnie aux étrangers, en plus de différencier les Bahreïnis d'origine des Bahreïnis par naturalisation et les droits accordés à chacun d’eux. Outre les catégories spéciales, plusieurs conditions générales s’appliquent à tous les demandeurs de citoyenneté bahreïnienne. Ces conditions incluent à l'article 6.1 la maîtrise de l’arabe : le candidat doit avoir «une connaissance suffisante de la langue arabe».
La Loi n° 22 sur la protection du droit d’auteur et des droits connexes (2006) n'énonce rien de particulier sur les droits d'auteurs:
| Article 6 L'auteur ou son ayant droit jouit des droits financiers exclusifs suivants :
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Bref, c'est une législation minimaliste qui concerne les droits linguistiques des citoyens.
- Les entreprises privées
Le Décret loi n° 21 promulguant la Loi sur les compagnies commerciales (2001) impose au conseil d'administration des compagnies étrangères de publier leur bilan, leur compte des pertes et profits, ainsi qu'un sommaire adéquat du rapport annuel et le texte intégral du rapport des commissaires aux comptes dans l'un des quotidiens locaux de langue arabe:
| Article 196
Le conseil d'administration d'une société anonyme doit publier le bilan, le compte de résultat, un résumé complet du rapport annuel et le texte intégral du rapport du commissaire aux comptes dans un quotidien local de langue arabe, au moins 15 jours avant l'assemblée générale. |
L'article 20 du Décret-loi n° 7 sur la promulgation du Code de commerce (1987) oblige les commerçants à tenir leurs opérations en arabe:
| Article 20 1) Tout commerçant dont le capital excède 10 000 dinars, personne physique ou morale, est tenu de tenir une comptabilité commerciale conforme à la nature et à l'importance de son activité, reflétant fidèlement sa situation financière, ses droits et ses obligations liées à son commerce. Un délai de cinq ans est accordé aux commerçants à compter de l'entrée en vigueur de la présente loi, après quoi ils sont tenus d'enregistrer leurs opérations en arabe. Le ministre du Commerce et de l'Agriculture peut, par décret et avec l'approbation du Conseil des ministres, proroger ce délai de cinq ans maximum. |
Il n'existe pas de réglementation sur les enseignes commerciales privées. Les commerçants font ce qu'ils veulent, abstraction faite des pressions sociales qui peuvent influencer les pratiques en ce domaine. Par contre, l'État présente des inscriptions généralement bilingues en prenant sin de placer l'arabe au-dessus des inscriptions anglaises.

Certaines entreprises françaises peuvent employer des inscriptions en français.
D'après les informations provenant du gouvernement, il apparaît difficile de s’engager dans l’usage de la langue arabe dans certains domaines, notamment dans celui du commerce et des relations économiques avec d’autres pays, ainsi que dans le secteur du pétrole et du gaz, des communications, des appels d’offres et des enchères internationales, et ce, en raison de la présence des entreprises étrangères; il est aussi affirmé que certaines entreprises n’ont pas la capacité de fournir une traduction arabe des documents et procédures qui y sont soumis ou réalisés, en plus de l’exigence d’une telle traduction. Le gouvernement croit également qu'il est difficile d’employer la langue arabe dans le domaine des banques et des institutions financières, car il est reconnu que les transactions modernes dans les banques et autres institutions financières de divers pays du monde sont effectuées dans d'autres langues que l'arabe, notamment en anglais. Enfin, le gouvernement a souligné qu’aucun pays arabe du Golfe n’a recouru à la réglementation juridique concernant l’usage de la langue arabe, soulignant que «Bahreïn ne peut pas vivre isolé de ses pays arabes frères en général, et du Golfe en particulier dans les domaines économiques».
Néanmoins, le Qatar a adopté en 2019 la Loi sur la protection de la langue arabe, tandis que les Émirats arabes unis ont adopté la Charte de la langue arabe en 2012. Le Koweït, l'Arabie Saoudite et le sultanat d'Oman étudiaient en 2026 un projet de loi en ce sens.
4.2 L'éducation
Le système d'éducation bahreïnien se compose de deux niveaux principaux : l'enseignement fondamental et l'enseignement secondaire. L'enseignement fondamental comprend deux sections : le primaire et l'intermédiaire, avec un enseignement primaire de six ans et un enseignement secondaire de trois ans. Les écoles publiques offrent un enseignement en arabe standard moderne, avec quelques matières en anglais au secondaire. Les écoles privées, soumises à l'approbation du ministère, proposent des programmes variés, nationaux ou internationaux, avec des frais de scolarité applicables.
L'enseignement au Bahreïn est gratuit et obligatoire, à la fois pour les enfants bahreïnis et pour ceux des travailleurs immigrants. Le gouvernement se félicite que l'analphabétisme soit passé de 52,9 % à 12 % dès 1996, ce qui en fait l'un des plus faibles de la péninsule Arabique. Cette faible proportion est attribuable à une politique d'éducation précoce qui a été mise en place pour améliorer l'éducation des jeunes. La naturalisation de milliers d’étrangers analphabètes ou non arabophones semble être un facteur non négligeable qui explique ce taux d'analphabétisme demeuré stable.
- La législation générale
La Loi n° 27 sur l'éducation (2005) précise les trois matières fondamentales au Bahreïn, qui sont l'instruction religieuse, l'instruction civique et la langue arabe.
| Article 3 L'éducation vise à développer l'apprenant sur les plans national, scientifique, professionnel et culturel, ainsi que sur les plans émotionnel, moral, intellectuel, social, sanitaire, comportemental et sportif, dans le respect des principes de l'islam tolérant, du patrimoine arabe, de la culture contemporaine et des coutumes et traditions de la société bahreïnie. Elle vise également à inculquer le sens civique et la loyauté envers la nation et le roi, et en particulier :
Article 10 L’instruction religieuse, l’instruction civique et la langue arabe sont des matières fondamentales à tous les niveaux et dans tous les types d’enseignement. Le Ministre prend les décisions nécessaires pour assurer la bonne mise en œuvre de ces matières de manière à renforcer le caractère du citoyen et à susciter la fierté de sa religion, de son identité arabe et de sa patrie. |
Plus précisément, il s'agit de la foi islamique, de l'identité arabe et et de la variété de l'arabe standard moderne, une variété que personne ne parle comme langue maternelle. Ces matières doivent faire partie du cursus scolaire de toutes les écoles, sauf pour les écoles privées non musulmanes. La valeur des approches bahreïniennes dans le système d’éducation réside dans le fait qu’elles inculquent aux élèves l’amour de la langue arabe, la foi en elle et en sa relation avec l’identité nationale dès le début de leur éducation, et qu’elles atténuent l’état d’aliénation entre la langue standard et l’usage par les élèves des variétés locales ou de langues étrangères dans leur vie quotidienne. L’éducation garantit que les étudiants fiers de leur langue obtiennent leur diplôme et peuvent l’utiliser de manière fonctionnelle.
- Le système public
D'après des informations récentes, Bahreïn compterait 208 écoles publiques offrant un enseignement gratuit aux élèves bahreïniens et étrangers. L'enseignement primaire et secondaire est gratuit dans tous les établissements du Royaume, et le gouvernement fournit également gratuitement les manuels scolaires à tous les élèves.
L'éducation publique de base comprend six ans d'école primaire (3 à 9 ans), trois ans d'école intermédiaire (9 à 12 ans) et trois ans d'enseignement secondaire (12 à 15 ans). Les enfants vont à l’école du samedi au mercredi; les fournitures scolaires, les uniformes, les repas et le transport sont gratuits. Les écoles maternelles sont privées et exigent des frais de scolarité. La langue d'enseignement dans toutes les écoles publiques est l'arabe standard moderne; les garçons et les filles étudient dans des écoles séparées, avec un personnel enseignant et administratif du même sexe. Il existe quelques écoles de garçons dans lesquelles le personnel enseignant et administratif est composé de femmes. S’il n’y a qu’une seule école dans un village, les garçons vont à l’école le matin et les filles l’après-midi.
D'après le plan d'études gouvernemental, les matières fondamentales obligatoires du primaire sont les suivantes : l'éducation islamique (ou religieuse), l'arabe standard, l'anglais (4e année), les mathématiques, les sciences et la technologie, les études sociales, l'éducation familiale, la culture physique, les beaux arts et la musique. Après ses études intermédiaires (trois ans), l'élève entre à l'école secondaire qui lui offre un choix de trois programmes principaux: soit un programme général, soit technique, soit commercial. Les élèves qui s'inscrivent dans le programme général peuvent aussi choisir entre la section scientifique ou la section littéraire en tant que spécialisation plus étroite. Les cours se donnent en arabe, mais certains cours sont en anglais, notamment dans les programmes technique et commercial. En réalité, la plupart des écoles secondaires adoptent un système bilingue (arabe-anglais). Selon un rapport de l'Unicef, il y aurait une pénurie d'enseignants. Il faudrait mettre en place un programme scolaire plus adapté au marché du travail; des améliorations doivent être apportées aux bâtiments scolaires.
Le système d'éducation de Bahreïn prévoit aussi une éducation islamique ou coranique pour les garçons seulement. Cette formation est reconnue par le ministère de l'Éducation nationale qui la considère comme faisant partie du niveau secondaire; les élèves fréquentant ces écoles reçoivent un enseignement portant sur les diverses disciplines religieuses et spécialement sur les études islamiques. Le gouvernement dispense gratuitement un enseignement en langue arabe et fournit les manuels sur l'histoire et la géographie de Bahreïn, ainsi que des spécialistes pour superviser les professeurs.
Le ministère de l'Éducation nationale a également prévu un programme d'éducation permanente à l'intention des adultes. Les programmes des établissements sont soumis par les ministères et le secteur privé, représentés par des établissements d'enseignement spéciaux . Ces programmes contiennent des cours de langue pour les adultes (l'anglais, le français, l'allemand et le japonais). Parallèlement, le Ministère fournit un programme pour l'enseignement de la langue arabe à ceux qui ne le parlent pas afin de diffuser cette langue parmi les étrangers résidants au pays. L'objectif est que tous puissent communiquer avec les habitants du pays et comprendre la culture arabe et la civilisation islamique.
Mentionnons que la Direction des programmes d'études du ministère de l'Éducation nationale fournit gratuitement des manuels dans chaque discipline pour tous les élèves fréquentant les écoles publiques ainsi qu'aux étudiants universitaires. Les manuels sont généralement conçus au Bahreïn par des spécialistes des programmes d'études et des facultés universitaires. Ils sont imprimés par le gouvernement, notamment par les Presses du Centre éducatif de technologie commerciale. Quant aux manuels destinés aux établissements privés, ils sont fixés pour chaque école respectant les critères du Ministère.
- Le système privé
En plus du système public, on compte un grand nombre d’écoles privées ou religieuses, qui dispensent des cours aux niveaux primaire, intermédiaire et secondaire. Le secteur de l'enseignement privé a connu une croissance significative, avec 75 écoles privées actuellement en activité à Bahreïn, dont 35 écoles internationales. La première école internationale, l'American Dutch Reformed Church, a ouvert ses portes en 1892, témoignant de la longue tradition d'éducation multiculturelle de Bahreïn.
L'État autorise les résidents étrangers appartenant à d'autres religions ou cultures à construire des écoles et des centres culturels et d'enseignement privés. Tous les enfants bahreïniens ou étrangers peuvent s'inscrire sans discrimination à ces écoles. La Direction de l'enseignement privé est responsable de la supervision des écoles privées.
Chacun des établissements d'enseignement privé élabore ses propres programmes, offre ses cours et choisit ses manuels sous l'approbation du ministère de l'Éducation nationale, qui a l'autorité de modifier ou suspendre tout programme d'études ou tout manuel, incompatibles avec les valeurs religieuses et nationales du pays. On distingue des écoles nationales privées et des écoles étrangères privées, qui exigent toutes des frais de scolarité.
Les écoles nationales privées sont destinées aux citoyens bahreïniens, avec éventuellement la participation de non-Bahreïniens, sur la base des programmes nationaux approuvés par le Ministère. Ces écoles ont des niveaux d'études divers, commençant de la maternelle en passant par le primaire, l'intermédiaire et le secondaire. Ils offrent tous des programmes bilingues, c'est-à-dire en arabe et en anglais. Ces écoles sont soumises aux dispositions de l'article 21 du Décret-loi n° 25 sur les établissements privés d'enseignement et de formation (1998), qui prescrit l'enseignement de la langue arabe, en plus de l'instruction islamique:
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Article 21
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Fait remarquable: on note que près de 50 % des élèves inscrits dans les écoles nationales privées apprennent le français comme langue étrangère. C'est que de plus en plus d'écoles privées offrent un enseignement obligatoire d’une deuxième, voire d'une troisième langue étrangère.
On constate une nette croissance (200%) du nombre d’élèves bahreïnis inscrits dans les écoles privées depuis les dix dernières années. Cette situation s’explique par la volonté des familles moyennes et aisées de la société bahreïnie de permettre à leurs enfants de suivre un enseignement bilingue et éventuellement d’obtenir un diplôme international; on compte au moins 10 écoles privées affiliées à l’office du baccalauréat international (IBO).
Quant aux écoles étrangères privées, elles sont prévues pour les étrangers résidant au pays; que ce soit pour les écoles maternelles, primaires ou autres, la langue principale d'enseignement est la langue du pays d'origine (anglais, français, farsi, ourdou, etc.). Ces écoles sont soumises aux dispositions de l'article 22 du Décret-loi n° 25 sur les établissements privés d'enseignement et de formation, qui prescrit un enseignement minimum de la langue arabe, en plus de l'enseignement de l'histoire et la géographie de Bahreïn:
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Article 22
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Plus récemment, l'article 22 de la Loi n° 4 portant promulgation de la Loi sur les établissements d’enseignement privés (2026) énonce bien que les établissements d'enseignement privés pour les communautés étrangères sont dispensés d'enseigner l'islam et l'arabe, mais ils doivent se conformer aux programmes, aux manuels et aux horaires de cours approuvés par le Ministère concernant les cours de langue arabe pour les élèves bahreïniens et arabophones:
| Article 22 Programmes d'études 1) L'établissement ne peut proposer aucun programme d'études ni en modifier le contenu, sans l'approbation du Ministère. 2) Les programmes d'études, les supports imprimés et électroniques de l'établissement ne doivent pas enfreindre les valeurs et les traditions religieuses, nationales et patriotiques du Royaume, ni contenir de publicité ou de propagande pour un État hostile ou en guerre contre le Royaume. Le Ministère peut retirer ou exiger la modification de ces supports si leur contenu est contraire aux présentes politiques et directives. 3) L'établissement peut offrir des cours et des formations par le biais de plateformes éducatives et d'outils numériques. Les modalités et conditions nécessaires à cet effet sont précisées par décret. 4) À l'exception des établissements d'enseignement privés pour les communautés étrangères, tout établissement appliquant un programme d'études autre que celui du Ministère est tenu d'y inclure les matières d'éducation islamique, de langue arabe, d'études sociales et d'éducation à la citoyenneté approuvées par le Ministère. Les établissements d'enseignement privés étrangers doivent se conformer aux programmes, aux manuels et aux horaires de cours approuvés par le Ministère concernant les cours de langue arabe pour les élèves bahreïniens et arabophones, l'enseignement religieux islamique pour les élèves musulmans (si l'établissement l'accepte), ainsi que l'histoire et la géographie du Royaume pour tous les élèves, dans le cadre de l'emploi du temps scolaire et sans frais supplémentaires. |
Le nombre minimum de périodes pour certaines disciplines obligatoires par semaine est le suivant :
- six périodes par semaine pour la langue arabe (les trois premières années du primaire);
- quatre périodes par semaine pour la langue arabe (les autres années du primaire, l'intermédiaire et le secondaire);
- une période par semaine pour l'éducation islamique à l'intention des élèves musulmans.
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Parmi ces écoles, il existe des établissements catholiques, protestants et autres. Mentionnons aussi l'École asiatique, l’École indienne et l’École internationale de Bahreïn, cette dernière étant reconnue et administrée par les États-Unis.
Le pourcentage d’élèves inscrits dans les écoles publiques demeure néanmoins très important (entre 80 % et 87 % en 2020-2021), en raison du coût élevé d’une inscription dans le privé. |
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À partir des données communiquées par les écoles privées, on peut considérer que le pourcentage des élèves apprenant le français (moyenne de 33,4 %) apparaît comme assez raisonnable. N'oublions pas que beaucoup d'écoles privées communautaires (p. ex., la Japanese School, la Pakistan School, la Indian School, la Iran School, etc.) n’ont pas de français dans leur programme. Quoi qu'il en soit, toutes les écoles privées enseignent l'anglais comme langue seconde. |
- L'enseignement supérieur
Le paysage de l'enseignement supérieur à Bahreïn comprend des établissements publics et privés. Le pays a mis en œuvre la Stratégie nationale de l'enseignement supérieur (2014-2024) afin de renforcer les mécanismes d'assurance de qualité et d'accréditation. L'Autorité de la qualité de l'éducation et de la formation évalue régulièrement les établissements selon huit critères : mission et gouvernance, assurance qualité, infrastructure informatique, qualité de l'enseignement, soutien aux étudiants, ressources humaines, recherche et participation communautaire.
Dans l'enseignement supérieur, le premier groupe d'étudiants bahreïniens a obtenu un diplôme universitaire en 1927; ces étudiants avaient étudié à l’Université américaine de Beyrouth au Liban. Ce n’est qu’en 1968 que le premier établissement d’enseignement supérieur de Bahreïn, la Polytechnique du Golfe, ouvrit ses portes. L’établissement fusionna en 1984 avec l’École des arts, des sciences et de l’éducation, fondée en 1979, pour donner naissance à l’Université de Bahreïn.
Aujourd’hui, l’Université de Bahreïn (University of Bahrain) , qui compte quelque 9000 étudiants, offre des programmes de baccalauréat en arts et en sciences, ainsi que des maîtrises et doctorats en éducation, en génie civil et en administration des affaires. Il existe une autre université, plus petite, l'Université du Golfe (Arabian Gulf University), fondée en avril 1977 et financée par les six pays du Conseil de coopération des États arabes du Golfe. (Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït et Qatar); tous les étudiants sont boursiers de l’un des six pays du Golfe. Mais la construction de l'université n'est pas terminée, la fin des travaux étant prévue pour 2006.
Le Bahreïn dispose également d'un réseau d'autres établissements d'enseignement supérieur. Mentionnons l'École de services en soins de santé (Nursing College), qui offre une variété de programmes de formation en soins infirmiers et en technologies médicales; l'Institut de formation de Bahreïn (Bahrain Training Institute), qui propose des cours de formation professionnelle postsecondaires en gestion hôtelière et en art culinaire; l’Institut universitaire de lettres, sciences et éducation (University College of Arts, Sciences and Education); l'Institut technologique du Golfe (Gulf Technical College) devenu la Polytechnique du Golfe; le Collège des sciences de la santé (College of Health Sciences). Il existe également des instituts spécialisés privés.
Les langues d'enseignement des universités sont l'arabe et l'anglais. Les frais universitaires ont connu une baisse significative qui a permis à des étudiants de familles à faible revenu de poursuivre leurs études dans des établissements d'enseignement supérieur. Tous les établissements d'enseignement supérieur offrent une éducation mixte où les étudiants des deux sexes sont mélangés sans discrimination.
4.3 Les médias
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Le plus grand quotidien du Royaume est en arabe: l'Akhbar Al-Khaleej. Mais l'Alayam publie des articles en arabe et en anglais, alors que d'autres journaux ne publient qu'en anglais (Bahrain Tribune et Gulf Daily News). La plupart des magazines hebdomadaires sont en arabe (Akhbar al-Bahrain, Al-Adwaa', Al-Hayat, Al-Mawaqif, Al-Mujtama'a al-Jadid, Al-Watan, Sada al-Usbu'), à l'exception du Gulf Weekly Mirror (en anglais). Du côté de la législation, il n'existe pas grand-chose. Le Conseil de la Choura et la Chambre des représentants de Bahreïn ont approuvé l'adoption aujourd'hui la loi sur la presse, l'imprimerie et l'édition, ce qui signifie que l'approbation de cette loi représenterait une importante réalisation nationale qui soutient le secteur des médias au royaume de Bahreïn et lui donne un nouvel élan vers un développement et une professionnalisation accrus. |
Au point de vue linguistique, seul l'article 49 du Décret-loi n° 47 sur la réglementation de la presse, de l'imprimerie et de l'édition (2002-2025) apparaît comme pertinent:
| Article 49 Si le rédacteur en chef est de nationalité bahreïnie, les conditions suivantes doivent être remplies par le rédacteur en chef et le rédacteur responsable :
Article 62 (2025)
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Dans les médias électroniques, Radio-Bahreïn et ses stations locales diffusent en arabe, en hindi et en anglais. La Télévision de Bahreïn (Bahrain Television) présente ses émissions en arabe, mais également en anglais. ORBIT Satellite TV offre des émissions d'information en anglais, en arabe et en français.
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La politique linguistique de Bahreïn prône officiellement l'unilinguisme arabe, mais la diglossie arabe vernaculaire (arabe bahreïnien) et arabe standard moderne est inévitable. Les arabophones, en plus de l'anglais, doivent parler l'arabe vernaculaire et apprendre l'arabe standard moderne. Comme dans tous les pays arabes du Golfe, il n'existe pas, au sens juridique du terme, de minorités linguistiques, sauf religieuses. La notion de minorité linguistique n'existe pas parce que les autres langues sont considérées comme des langues immigrantes, donc ignorées, comme c'est le cas d'ailleurs dans la plupart des pays du monde.
En fait, le Bahreïn compose avec un bilinguisme arabo-anglais afin de permettre une meilleure harmonisation entre les nombreux travailleurs étrangers. Dans les affaires de l'État, c'est la valorisation de la langue officielle et le maintien de l'arabe bahreïnien dans les communications informelles. Toutefois, dans les écoles privées et dans les médias, c'est la non-intervention et le multilinguisme qui règnent, avec une dominance pour l'anglais, un peu moins pour le français. Au sujet des écoles, on peut dire que c'est dans ce domaine que la politique linguistique est la plus originale. Le Bahreïn est le seul État du Golfe à imposer un minimum d'arabe aux étrangers qui résident dans le pays. Toutes les écoles privées doivent enseigner l'arabe comme langue seconde si leur langue d'enseignement est une autre langue que l'arabe. Quant aux groupes minoritaires, ils constituent un problème marginal, mais les questions de discrimination surgissent quand même, surtout lorsque des personnes ne parlent pas l'arabe. Pour résumer, on peut affirmer que le Bahreïn est un pays bilingue de langue arabe.
Bibliographie
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